Décision et conflit, conflit et décision
La
scène a mis en scène un dirigeant aux prises avec un « conflit » avec
une personne de son équipe qui souhaitait obtenir une augmentation de
salaire.
Passons sur les détails qui fondaient ses hésitations. Le fait est qu'il redoutait la confrontation avec la personne.
Après
que j'ai posé l'évidente question : « Veux-tu ou non lui accorder cette
augmentation ? », il est apparu que la chose n'allait pas de soi. La
décision n'était pas réellement prise.
Nous
n'aurions cependant ici qu'une sorte de cascade entre les deux : quand
j'aurai pris ma décision, alors je pourrai avoir cette conversation avec
la personne.
Mais
les choses se sont révélées plus complexes : le travail de la personne
ne donnait pas entière satisfaction au dirigeant. Ce qui, bien entendu,
faisait pencher la balance du côté du refus d'augmentation. Mais cette
situation était aussi due, en partie, au fait que le dirigeant n'avait
pas réellement fait part de son mécontentement, justement par peur de la
confrontation.
La
décision ne pouvait donc être valablement prise qu'après discussion
sérieuse sur les attentes de l'entreprise vis-à-vis de la
personne.
Ce qui fait apparaître que le conflit peut coexister sur des scènes différentes, à l'intérieur et à l'extérieur.
Je
ne suis pas loin de faire l'hypothèse, par ailleurs, que la demande
d'augmentation de la personne, en dehors de tout processus normal de
négociation de salaire, était aussi un moyen pour elle, peut-être de
façon non consciente, de mettre sur la table la question de son
évaluation professionnelle.