La montée au balcon, c'est l'art de prendre du recul dans les situations difficiles.
Je tiens cette expression d'un livre, Comment négocier avec les gens difficiles, de William Ury.
La
montée au balcon, selon moi, c'est aussi quitter le terrain de la
confrontation pour parler de ce qui est en train de se passer entre
nous, sur le plan de la relation.
Dans
une équipe, deux personnes s'apprécient et se respectent mutuellement
sur le plan des compétences. Dans les faits, cependant, elles ne se
supportent plus.
Cela
a pris une telle proportion qu'elles refusent de se voir autrement que
pour le strict nécessaire du fonctionnement de l'entreprise.
Il
nous faudra beaucoup de patience et de persévérance pour découvrir que
leurs besoins et leurs représentations sont aux antipodes l'une de
l'autre. Par exemple, l'une a besoin de se concentrer sur ce qui est
important (de son point de vue), tandis que l'autre ne supporte pas que
la première semble ne prêter aucune attention à ses propres
préoccupations.
Le
réflexe est alors de répéter, répéter, de préférence de plus en plus
fort, jusqu'à adopter un ton qui, cette fois, est insupportable à la
première personne.
Au bout du travail, ils sont convenus de se dire, au moment où l'insupportable pointe le nez, "montons au balcon !"
Pour
ralentir, pour parler plus profondément de ce qui se passe entre eux...
Gageons que cela va changer leur façon de vivre leur relation.
La
rétroflexion dans tout cela ? S'en tenir au contenu des discussions, ne
jamais parler de soi, y compris de ce qui est difficile, voire
insupportable pour moi, c'est une forme de rétroflexion qui conduit,
comme nous le voyons ici, à des situations inextricables. Jusqu'à ce
qu'on puisse le mettre au travail !