Charlie Kirk n'est pas le sujet.
Lui ou un autre, ça n'est pas le débat.
Nous avons l'habitude de nous focaliser sur les personnages.
Mais je songe à ce que raconte François Jullien dans son Traité de l'efficacité.
Livre
où il regarde notre civilisation dans le miroir de la civilisation
chinoise qui a grandi longtemps à distance de nous et nous montre ainsi
combien nos évidences n'en sont pas toujours.
Pour les chinois de l'époque des lettrés, l'histoire n'est pas faite de héros et de dates, mais de processus.
C'est
une philosophie paysanne de la pousse végétale. Les personnes et les
dates ne sont que des émergences de ce qui est véritablement important
et se passe en fond.
Cela vaut le coup de regarder la situation ainsi.
Je crois profondément que la même chose aurait pu se passer avec toute autre personne plus ou moins proche de MAGA.
À l'instar du simple soldat Horst Wessel, militant de la SA tué à Berlin en 1930, dont le régime nazi a fait un martyr.
Le processus est en cours et est celui d'une épidémie.
Une
épidémie de violence qui s'amplifie d'autant plus que ceux au pouvoir
(ou qui sont du côté du pouvoir) ont l'impression qu'on leur fait
violence.
Chaque événement relance plus fort la roue de la violence.
Comme face à toute violence, tout le monde est sidéré.
Mais le sujet n'est pas Charlie Kirk, qui il était, ce qu'il a dit et ce qu'il n'a pas dit.
Le sujet, c'est le processus en cours.