Le combat de Machiavel
Le combat de Machiavel, c'est le combat contre la corruption.
Pas la corruption au sens où on l'entend, mais c'est malgré tout plus que jamais d'actualité.
La corruption, telle que l'entend Machiavel, au sens antique du terme, c'est la décomposition de l'État, comme une chose qui pourrit.
La corruption, au sens moderne, n'est qu'une conséquence de celle-ci. Quand tout part à vau l'eau, autant s'occuper de ses propres affaires, même si c'est contre l'intérêt général.
Pour Machiavel, un peuple corrompu (et pas seulement des élites corrompues), c'est:
- Les citoyens privilégient leurs intérêts privés (famille, argent) au détriment de la patrie.
- L'inégalité devient excessive, créant des factions qui se déchirent.
- Les lois ne sont plus respectées car elles ne servent plus que les puissants.
Contrairement à nombre de ses contemporains qui prônaient l'harmonie absolue — mais est-ce différent aujourd'hui ? — Machiavel pense que pour éviter la corruption, il faut organiser le hashtag#conflit.
- L'équilibre des pouvoirs : Il admire la République romaine car elle opposait le Sénat (les Grands) au peuple (les Tribuns).
- La surveillance mutuelle : Cette tension permanente empêche une seule classe de confisquer le pouvoir et de corrompre l'État à son profit.
Ça n'est qu'en dernier recours, dans un État corrompu, que Machiavel prône un prince fort et rigoureux.
Avant cela, il prône le maintien des libertés publiques par un conflit social régulé qui empêche l'inertie et l'accaparement du pouvoir.
La question est : à quel stade en sommes-nous?
Parce que j'ai le sentiment que nous sommes tentés d'élire des princes qui, malheureusement, n'ont pas la 𝑣𝑖𝑟𝑡𝑢̀ nécessaire. C'est-à-dire, toujours selon Machiavel, l'énergie politique et le dévouement au bien commun.
Et dans votre organisation, ça se passe comment?
𝐼𝑙𝑙𝑢𝑠𝑡𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 : 𝐿𝑒 𝑃𝑜𝑟𝑡𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑒 𝐷𝑜𝑟𝑖𝑎𝑛 𝐺𝑟𝑎𝑦 (𝑑𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑙), 𝑝𝑎𝑟 𝐼𝑣𝑎𝑛 𝐴𝑙𝑏𝑟𝑖𝑔ℎ𝑡.