Idées reçues

Laurent Quivogne

La lettre de juin 2026

Laurent Quivogne

Idées reçues

Ce qui traverse la lettre ce mois-ci, c'est des évidences... qui ne me semble pas si évidentes que ça...

En cas de conflit, une bonne médiation vient régler les problèmes. Et si la médiation pouvait parfois agraver les situations ?

Le vocabulaire semble être d'abord un marqueur social. Et s'il avait une fonction sociale plus importante ?

Une vidéo ancienne (2005) mais toujours virale montre comment un acteur connu a fait preuve de maîtrise de soi. J'explique pourquoi je ne suis pas d'accord.

L'important, ici comme ailleurs, étant d'éviter la violence et de promouvoir le conflit sain, je serai heureux d'en parler avec qui le souhaite.

 

Laurent Quivogne

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On parle de conflit

Épreuve de tir à la corde

Conflit et médiation

La médiation est un outil puissant. Mais comme tous les outils, elle peut faire des dégâts si on l'utilise dans les mauvaises situations.

On y recourt souvent avec les meilleures intentions, pour apaiser, pour réconcilier, pour éviter l'escalade. Et pourtant, il y a des configurations dans lesquelles proposer une médiation ne règle rien, et peut même aggraver les choses.

La médiation repose sur un présupposé fondamental : les deux parties sont en mesure de s'exprimer librement, d'égale à égale, dans un espace neutre. Dès que ce présupposé ne tient plus, le recours à la médiation devient discutable.

Un rapport hiérarchique marqué, une différence de statut, une asymétrie culturelle profonde, une relation dans laquelle l'une des personnes a peur de l'autre, suffisent à fausser l'exercice. La partie la plus faible ne dira pas ce qu'elle pense vraiment. Elle dira ce qu'elle croit pouvoir dire sans en payer le prix.

Et puis il y a les situations où la médiation n'est tout simplement pas appropriée. On ne fait pas une médiation entre un agresseur et sa victime. Ce serait demander à la victime de "trouver sa part" dans ce qui lui a été fait, de "comprendre le point de vue" de celui qui lui a fait du mal. C'est une violence supplémentaire, peut-être plus grande encore que la violence initiale, enveloppée dans le langage bienveillant du dialogue.

Dans ces situations, ce qu'il faut n'est pas un médiateur. C'est une autorité qui nomme ce qui s'est passé, qui protège, qui sanctionne si nécessaire.

La médiation est faite pour les conflits. Pas pour la violence.

L'outil du conflit

Conférence à Savenay

Plaidoyer pour plus de vocabulaire

Des dizaines de posts cette semaine pour saluer l'avènement d'Elon Musk "trillionnaire". Un mot qui circule sans que grand monde ne remarque l'ironie.

En français, chaque mot — billion, trillion, quadrillion — multiplie le précédent par un million. En anglais, par mille seulement. Le billion français est donc mille milliards, mille billions en anglais, et le trillion français vaut un million de fois le trillion américain.

En utilisant "trillionnaire" sans le traduire, nous multiplions la fortune d'Elon Musk par un million sans le savoir. Ça n'a l'air de rien, cela parle malgré tout de notre souveraineté.

Ces posts parlent de la supériorité américaine dans la tech. Ils parlent aussi, sans le vouloir, de la suprématie de leur culture.

Dans mon prochain livre sur les outils du conflit, je consacre un chapitre entier à la question du vocabulaire. Pas comme exercice de style, mais parce que les mots structurent notre capacité à penser, à distinguer, à résister. Le manque de mots justes dans un conflit pousse à la violence, parce qu'on finit par frapper quand on ne sait plus dire. Le mauvais mot fait de même, parce qu'il déforme la réalité avant même qu'il soit prononcé.

Céder son vocabulaire, c'est céder la capacité de nommer les choses pour ce qu'elles sont.

Les 50 outils du conflit, à paraître cet automne.

 

Tutti frutti...

Maîtrise de soi, vraiment ?

Les gens intelligents seraient-ils des abrutis?
Laurent Quivogne

Laurent Quivogne

Ma mission est de développer une culture où le conflit est un remède à la violence.

Ingénieur, dirigeant et entrepreneur.

Depuis 2014, je mets mon expertise au service des autres en tant que conférencier, coach et formateur. J’accompagne dirigeants et collaborateurs à oser le conflit, à dire leurs besoins, et à faire entendre leur voix. Je suis également auteur de plusieurs ouvrages dont Oser le conflit, éviter la violence : pour des relations apaisées.

Plus de 650 personnes et près de 200 entreprises ont bénéficié de mon accompagnement vers des conflits positifs. Parmi eux : Chanel, Danone, SNCF, Enedis, Crédit Agricole, EDF, Allianz, ainsi que de nombreuses PME, des indépendants et des particuliers.

Je m’engage à vous transmettre des moyens concrets d’utiliser le conflit comme un outil puissant pour éviter la violence et favoriser la coopération.